Touba est une enceinte sacrée et les visiteurs qui auront bien parcouru les tableaux sur les valeurs hagiographiques verront que Cheikh Ahmadou quitta Mbacké Cayor comme une longue marche vers l’indépendance dans l’exercice du culte. Il fit escale à Mbacké Baol au milieu de ses proches qui réagirent vite à son influence et à sa forte personnalité.
Au mois de Safar 1304h, il établit un campement à l’Est de Mbacké Baol pour avoir la Paix. Il l’appela Darou Salam en attendant l’obtention d’une terre de félicité.
DIEU lui choisira une terre de prédilection pour le culte qu’il veut lui vouer et se consacrer au service de l’Elu : ce fut TOUBA la sainte qu’il bâtit en cité, entre la fin de l’an 1305h et le début de 1306h (1888).
En 1312h, il sortit de Touba, ville préservée de toute épreuve, et rencontra l’hostilité hégémoniste et expansionniste des français aidés de la collaboration des notables religieux. Pour des raisons de prestige aussi, les princes et les souverains locaux ourdirent ensemble une stratégie pour arrêter son influence.
Outre le statut sacré de la ville, Touba commence à égrener les prédications de son fondateur : titre foncier couvrant 30 000 ha par extension des 400 ha au nom de Cheikh Ahmadou Bamba. Elle est la 2ème ville du Sénégal, espace autonome, elle a beaucoup contribué à son développement à coté des plans du pays.
La mosquée est bâtie sur fonds propres, les lotissements sont financés par le Khalife et la distribution des terrains est gratuite. La démographie est galopante et l’extension de la ville très rapide lui donne une ère d’influence qui rejoint presque ses riverains. Les fonctions urbaines sont aujourd’hui multiples : ville religieuse, ville pèlerinage, ville quasi internationale. Touba a également développé autour de l’argument religieux une métropole et veille beaucoup à l’alignement de sécurité que sont l’eau, l’électricité, les télécoms, la voirie, la santé et l’éducation etc.
Ce qui est surtout remarquable, c’est le respect de la fonction première d’une ville fondée pour adorer DIEU, confirmée par les plans successifs de rénovation de la grande mosquée et une multiplication des mosquées et des instituts à travers la ville, la grande bibliothèque Cheikh Ahmadou Bamba, des écoles coraniques et de sciences religieuses. Une ville sans tabac, sans alcool, sans jeux de hasard, sans musique profane ; l’indécence y est interdite.
De plus en plus l’urbanisation est amorcée par des stratégies de développement basées sous la coupe d’une administration décentralisée qui travaille suivant un plan local structuré sur les urgences et les besoins sociaux des populations.


